PARIS S’EFFONDRE

 

(Vision intime, sinistre et despotique d’une ville dans le coma)

 

 

PROLOGUE

 

Mes veines sont pleines de textostérone

Vers après vers je réduis la distance

Qui me sépare de la réalité

Celle qui nous oblige personnellement

Ou collectivement de nous voiler la face

Ce qui fait qu’on arrive à vivre

Tout de même

Quelques moments de bonheur

Mais qu’on finit par y laisser toute lucidité

Et lorsque vient l’heure du désastre

Tout l’monde je dis bien tout le monde

Et je m’inclus dans ce panier

Se demande

Comment cela a-t-il pu arriver

Alors certains poussent au rire

D’autres à la servitude

Les quelques foules amassées

Cherchant pour un instant

A s’échapper de leur quotidien

N’ayant pas ce genre de talent

Je prends ce qu’il me reste

Tentant humblement de vous dépeindre

Quelques visions à ma manière

En espérant que vous saurez vous en contenter

Quand aux responsables sachez

Qu’ils ne s’ront jamais là pour assumer

Non !

Car ils sont là pour ramasser !

 

 

 

 

C’EST ICI

 

Car c’est ici que tout commence

Au cœur de son indifférence

La ville s’enfonce et puis s’oublie

A l’insomnie et à l’errance

Au climat de dernière instance

Un siècle à jamais s’évanouie

Les halles fanées se disloquent

Elles tourn’ le dos à la justice

Comme innocentes assassinées

Se souviennent de la grande époque

Où elles étaient le seul complice

Que l’on ne pouvait contourner

Vous voulez m’étriper ?

Gémis l’marché aux fleurs C’est ici !

Si vous voulez chanter

Balance un balayeur C’est ici !

Car c’est ici que la romance

A paumé sa douce arrogance

A l’heure où son soleil s’ennuie

Du mépris à la délivrance

Même les idiots ont eu leur chance

De pouvoir flâner à Paris

Le Louvre s’ouvre en héritage

Pas sur qu’il aima tous ses ages

Il a tout accueilli sans geindre

Du pire au moindre des hommages

La gloire et ses tristes pillages

Lui ont passé l’envie de peindre

Vous voulez contempler ?

Murmure l’ conservateur C’est ici !

Si vous voulez « compter »

S’exclame un éditeur C’est ici !

Car c’est ici que l’on dispense

A qui refus’ra l’ordonnance

Quelques idéaux sans merci

Et puis l’immuable potence

Qui pointe et remet à distance

Les quelques ego trop fournis

Châtelet vous ouvre grand ses bras

Ses morts vivants au quotidien

Ne semblent pas aimer la pluie

Son cimetière vous laisse en bas

Son doux silence vous rejoint

Et vous offre ses raccourcis

Vous voulez contester ?

Bougonne un vieux docteur C’est ici !

Si vous voulez crever

S’écrie le conducteur C’est ici !

Car c’est ici que tout commence

A l’aube de l’incandescence

La ville s’effondre sans un cri

Sans un sourire quand on y pense

S’il fallait que la mort s’avance

Moi je lui gueul’rai c’est ici !

 

 

 

LE DERNIER ETRE HUMAIN

 

Au bout des ruelles où la nuit

Sort ses poubelles sans un bruit

Là où gisent les endormis

Entre cadavres et galaxies

Au bord des rivières de l’ennui

Dans le grand désert des souris

Sans savoir si c’est interdit

C’est là qu’il vit

Le dernier être humain

C’est là qu’il vit

Le dernier être humain

Que l’on trouve à Paris

Sans savoir combien d’autres cris

Sans savoir comment c’est ainsi

Sans savoir pourquoi tant d’oubli

Il sauve à tour de raccourcis

Toutes celles et ceux qui ne supplient

Ni qu’on leur trouve un autre lit

Ni qu’on leur donne une autre vie

C’est là qu’il prie

Le dernier être humain

C’est là qu’il prie

Le dernier être humain

Que l’on trouve à Paris

Il dit qu’on ne peut avoir faim

Qu’on ne laiss’rait pas même un chien

Entre les cartons du chagrin

Veiller dans le froid assassin

Il dit que si c’est au surin

Qu’on doit s’en aller dans un coin

Autant se pendre à Saint Germain

Se rendre tant qu’on est serein

Et tout il nie

Le dernier être humain

Oui tout il nie

Le dernier être humain

Que l’on trouve à Paris

Lorsqu’il se sera envolé

Qu’il n’y aura plus que financiers

Dans les tours de la liberté

Enchaînés à leur servitude

L’oiseau aux ailes déchirées

S’écras’ra sur la vérité

De sa pauvre vie désertée

Des ardeurs de sa solitude

Mais il sourit

Le dernier être humain

Il vous sourit

Le dernier être humain

Que l’on trouve à Paris

 

 

 

 

IL FAUT PAYER

 

Le centre du désastre

Est à vos pieds

Sur les pavés la plage

Quand revient la marée

Et son triste naufrage

Il faut payer

Le fleuve cherche encore

Quelques souvenirs

Pour justifier la peine

Qui l’oblige à s’enfuir

Vers les gorges inhumaines

De son désir

L’hôtel inaccessible

Est désavoué

Puis je perds ton image

Sur un parterre glacé

J’ai été bien trop sage

Il faut payer

Je tombe de n’avoir pu

Te retenir

Si je m’ouvre les veines

C’est de te voir souffrir

La première fois sirène

Sans sourire

Tu aimeras y chercher

Ta voie lactée

Mais gare au marécage

A ses enfants fauchés

Par des jeux sans visage

Il faut payer

Ce qui t’a éloigné

de mes délires

Ne mérite la haine

Que je m’en vais trahir

Sous d’autres chrysanthèmes

Et sans mot dire

Le centre du désastre

est à mes pieds

Devant les dérapages

Mon âme sinistrée

S’interroge à son age

Il faut payer

L’audace de quelques silences

À venir

Incrédule et malsaine

Me contraint de vieillir

En souffrant que je t’aime

À en mourir

 

 

 

L’ILLUSION

 

J’aurai du pénétrer

Dans ces gal’ries sans fin

Et me laisser glisser

Sur leurs toboggans fous

Visqueuses obscénités

Et douloureux parfums

M’auraient vite obligé

De me mettre à genoux

Me prosterner pour vous

Comme pour d’autres en vain

S’rait dev’nu quotidien

Et pour quelques bijoux

Vous m’auriez pardonné

Et tendu votre main

Laissant notre destin

Refouler des égouts

Mais je n’en ai rien fait

Je me trouvais trop laid

Pour oublier la faim

Qui hante le destin

De ma pauvre étincelle

Se dressant infidèle

Au milieu de ces vies

Frôlant mon paradis

J’aurai du m’enivrer

Du bonheur de ces jours

Vieillir immaculé

De ce maudit amour

Dont ils auraient sans gène

Abusé à leur tour

Réajustant ma peine

A mon simple dégoût

Multiplier les scènes

Jusqu’au beau des discours

S’rait dev’nu ma rengaine

Et pour quelques joujoux

Ils auraient fuis la haine

Et touché le velours

Abusant des recours

En me sautant au cou

Mais je n’en ai rien fait

Je me trouvais trop laid

Pour ignorer la fin

Qui régie nos desseins

Et ma pauvre étincelle

Se croyant immortelle

A brûlé son sursis

Elle est au paradis

 

 

 

LA REINE

 

Sortant du crépuscule

Dans sa robe des champs

Elle se dresse incrédule

Aux angles des passants

Leurs clichés sans scrupule

L’accable au petit jour

Elle ne vit déjà plus d’amour

Midi en mini jupe

Midinette arrogante

Elle flambe entre les luttes

Puis dépose les armes

Visitez moi la pute

Ravalée de tout poils

Je n’mett’rai jamais plus les voiles

Cent mile passes par jour

Sur tous les murs du monde

Mon âme de troubadour

Cherche pour un instant

Un petit brun d’humour

Ou un cœur insolite

J’ai cessé de prendre la fuite

Comme unique complice

La nuit revient alors

L’emmitoufler d’obscur

Et l’armer de mystère

Elle ne veille plus les morts

Elle en redevient fière

Et oublie enfin sa misère

Apres vos millénaires

Et d’autres temps plus sourds

Je rest’rai là vous mettre

A jour dans vos supplices

Vous pleurerez votre tour

Pour plus grands sacrifices

Mais je n’écart’rai plus les cuisses

Si je n’ai pas le choix

Et l’âme désabusée

J’me foutrai à la seine

Je vous jure que je saute

Ce s’ra la dernière fois

Qu’on me sacrera reine

Et ma vie vous semblera vaine

 

 

 

DES LUMIERES

 

Sa rue qui lance ses injures

Ses taxis qui ne s’arrêt’ pas

Son quai qui gerbe ses voitures

Au centre un souvenir de moi

Son boul’vard et puis son jardin

Ses bouquins qui dépassent les bornes

Jusqu'à s’enfuir à saint germain

Des lumières à me rendre fou

Ici le temps s’est maquillé

J’ai tout quitté pour un ego

Illusion d’une liberté

Qui me surveille sans dire un mot

Le refrain c’est la vérité

C’est la solitude suspendue

A la fenêtre du rez d’chaussée

Quand on vit en bas de l’av’nue

Quand tu t’enfonces dans la nuit

Il faut ta dose de désespoir

Ou bien c’est elle qui te poursuit

En te jetant sur un trottoir

Puis dans une cave en éclaircie

Au creux de ses ponts de brouillard

S’y perdre c’est y laisser la vie

Et ne plus jamais percevoir

L’envie

 

 

 

COMME SI PARIS

 

Comme si Paris avait besoin pour sa défense

De matraquer le moindre individu suspect

Comme si Paris possédait pour seules diligences

Celles de ceux que le peuple mandate en secret

Comme si Paris était le centre de la France

Et qu’ils y croyaient tellement que d’un air distrait

Ils allaient porter leurs mots jusqu'à nos vacances

Pour se faire dorer sous des pavillons plus laids

Comme si Paris avait perdu toute licence

Pour acculer l’ignorance et la solitude

Comme si Paris n’attendait plus que le silence                 

Comme si Paris était le chantier de l’absurde

Et qu’il nous fallait nous perdre dans ses promesses

Comme si Paris était un port qui se masturbe

Sans que l’on n’y accorde la moindre tristesse

Comme si Paris sentait le temps qui la perturbe

Et la défigure la torture sans allégresse

Comme si certains rabachaient encore que ça urge

Pour assouvir leurs ultimes pulsions de détresse

Comme si Paris n’était qu’une de plus au panurge

Et qu’on pouvait l’étendre à toute servitude

Comme si Paris n’attendait plus qu’une dernière purge

Comme si Paris était fortifiée de remparts

Et que ses portes étaient fermées aux inconnus

Comme si ceux qui étaient connus ou du dollar

Ou de l’art possédaient un milliard de vertus

Comme si Paris devait se vider tôt ou tard

Des larmes et du sang qui ont coulé dans ses rues

Comme si Paris était un diagramme de l’histoire

Portant seule leurs serpents sur ses épaules nues

Comme si Paris se devait de vivre au mitard

Sous prétexte qu’on lui rendrait son amplitude

Comme si Paris était lassée d’en avoir marre

 

 

 

LE BAL DES HYPOCRITES

 

Dansez mes dames et messieurs

Sentez à quel point son odeur

Peut vous conduire vers les cieux

Et vous transformer en milice

Je reniflerai vos ardeurs

Au gré des affreux armistices

Qui s’expliquent s’appliquent sans vice

A l’aisance d’un dernier vœux

Car c’est le bal des hypocrites

Où l’on se voile comme on se crypte

Et puis les balles des hypocrites

Viendront se loger dans mon cul

Je vous vomi et je vous quitte

Je me lave des rêves insolites

Qui jonchaient mon âme de faillite

Voyez comme je ne pleure plus

Pensez à piller et au pas

De vos aimables carotides

L’immonde succombe en émoi

Puis s’accorde à ouvrir sa gueule

Je ne fondrai pas surtout pas

Quitte à en finir vraiment seul

Au fond d’un trou ou dans un bois

C’est l’indifférence qui me guide

Car c’est le bal des hypocrites

Où l’on se voile comme on se crypte

J’y vois  les balles des hypocrites

Qui viennent se loger dans mon cul

Oui c’est le bal de quelques mites

Qui bouffent ensemble et qui gravitent

Autour de cadavres qui suscitent

Autant d’intérêt que mon cul

Les astres les montrent du doigt

Le désastre ne leur fait pas peur

Que ce soit tango ou rumba

La forme leur importe peu

Du moment qu’ils gardent leur pudeur

Qu’ils vous adressent tous leurs bons voeux

Qu’ils savent a qui donner leur voix

Vivent les menteurs ils sont heureux

Car c’est le bal des hypocrites

Où l’on se voile comme on se crypte

J’y vois  les balles des hypocrites

Qui viennent se loger dans mon cul

Oui c’est le bal des hypocrites

Et je n’ai plus peur de la fuite

Je me dévoile et vous invite

A sortir du champs de ma vue

Car c’est le bal des hypocrites

Où l’on se voile comme on se crypte

J’y vois l’étoile des hypocrites

Rêver de ses éclats perdus

Oui c’est le bal de quelques mites

Qui bouffent ensemble et qui gravitent

Autour de cadavres qui suscitent

Autant d’intérêt que mon cul

 

 

 

SOUS LES PIERRES DU DESTIN DE LA VILLE

 

Sous les pierres du destin de la ville

Y’a des jardins fleuris de rancunes

Sur la jarre d’un fleuriste tranquille

Y’a comme un parfum de la commune

La basilique au centre qui brille

Trinque à la sérénité des arts

Et des armes enterrées sous la quille

D’un gros navire qu’on appelle Paname

Et si la place est une jolie fille

Elle veut quand même qu’on l’appelle madame

Même si parfois fière elle se tortille

Et se défil’rait jusqu'à la lune

D’où elle nous renverrait ses torpilles

Comme blonde se vengeant d’une brune

Comme enviant la vue de la bastille

Qui se prend pour le plus haut des phares

Dans les phares des taxis qui pétillent

Et qui nous renvoient à d’autres femmes

Quand les pigeons pigistes scintillent

Et s’éclipsent à l’aube sans état d’âme

Sous l’bitume des boul’vards du désordre

Y’a l’ pouvoir de quelques automates

Qui ne savent que caresser ou mordre

Selon qu’on soit tyran ou pirate

Sous le chef  d’un serment mal appris

Y’a des cow-boys qui pour des médailles

Allant du mouton à la brebis

Terroris’raient le moindre bétail

Nous les pauvres indiens de Paris

Dont les flèches sont soldées au détail

Il nous faudrait plus qu’un parti pris

Pour nous débarrasser de leurs mailles

Pour nous renvoyer vers l’infini

Vers nos pauvres tourments qui sanglotent

Comment peut on être démunis

Et nuire à la société pilote

Quand tout finira aseptisé

Qu’elle en aura perdu sa culotte

Je vous jure qu’alors tous ses banquiers

Se traîn’ront  aux éperons de nos bottes

Sous l’goudron des rues de l’impotence

Y’a l’ souv’nir d’un métro généreux

Sur les kiosques vêtus de romances

Y’a des flashs à vous brûler les yeux

Quand on hurle à la moindre dispense

Et que des fous y mettent le feu

Comme pour dénoncer l’intolérance

Et l’interminable plaisant’rie

Qui nous juge nous poursuit à distance

Pour ne jamais nous laisser en vie

Lorsque la douleur fuit et relance

Toujours ceux qui on perdu leur tour

Plus de porte pour quitter l’errance

Et la maladie des beaux discours

Plus que soi face à soi et aux fleurs

Du destin de la ville endormie

D’un refrain que l’on connaît par cœur

Mais qu’on tend quand même au p’tit bonheur

Sans savoir s’il est vraiment bien l’heure

De se confronter à ses esprits

 

 

 

LA REPUBLIQUE

 

La république et ses théâtres

Vous invite à perdre le nord

Prendre la fuite aux quatre vents

Et vendre grâce en son sein glace

Qui pourrait crier  « vive les gens »

Qui pourrait gueuler « vite une place »

Et se garer dans une impasse

En ayant bien sur tout son temps

A la recherche d’un nouveau pâtre

Ils s’en viennent planter leurs décors

N’altérant jamais le mouv’ment

L’effet caustique c’est dégueulasse

Mais il faut vivre avec son temps

Il est désormais à l’angoisse

Et ne supporte plus la menace

Voué au plus obéissant

La république et ses théâtres

Vous incite à perdre vos tords

Prendre la fuite aux quatre vents

La nouvelle forme est un anthem

A l’effigie des amours blêmes

La place jonchée de chrysanthèmes

S’étire comme un carpe diem

Qui s’invit’rait de temps en temps

A la recherche il faut se battre

Chacun sa vie chacun sa mort

Les destins passent et puis repassent

Et puis se croisent et puis s’ardoisent

Et s’élargissent et puis se tissent

Et se retirent dans la coulisse

Comme un nœud coincé sous la cuisse

De la maîtresse d’un président

La république et ses théâtres

N’a jamais su pleurer son sort

Elle se destine aux écarlates

Inséminée de séminaires

Elle sert à pondre elle sert à plaire

Pour le salut des grands des fiers

Qui ont su revendre leur mère

Sur le marché du plus offrant

A la recherche d’une j’en vît quatre

Alors a qui donner son corps

Enfin à qui donner son sang

Pour une idée un sentiment

Pour un baiser noir dans les dents

La pauvre mâchoire du printemps

Se change en iceberg innocent

Personne ne l’est dorénavant

Il faudra compter sur le champ

 

 

 

J’Y AI PERDU L AMOUR

 

Remonté jusqu’aux fêtes

Et ses barres de getto

Je souffrais que Paris

Ne gisait qu’en morceaux

Sous mes pas de détresse

A l’allure indolente

J’oubliais les adresses

De charme et d’épouvante

J’ y ai passé des nuits

J’y ai passé ma vie

Je n’y ai rien gagné

Je n’y ai rien volé

Pas la moindre éclaircie

Pas le moindre rocher

Mon âme est en sursis

Elle ne sait plus chanter

Coincé sur ce périf

Que je ne pass’rai plus

Apres deux trois redifs

Je vous quitt ‘rai déçu

Compagnie incertaine

Sillonnée de serrures

Bévue de ma rengaine

Dédale de mes blessures

J’y ai passé des nuits

J’y ai passé ma vie

Je n’y ai rien gagné

Je n’y ai rien volé

Pas la moindre éclaircie

Pas le moindre rocher

Dans un coma sincère

Mon âme rode en enfer

Je te fuis capitale

Je me dissous en toi

Du suicide aux étoiles

Mon amour n’est plus là

Encore quelques faubourgs

Fruits de mon inconscience

Dans un  dernier détour

De désobéissance

J’y ai passé des nuits

J’y ai passé ma vie

Je n’y ai rien gagné

Je n’y ai rien volé

Pas la moindre éclaircie

Pas le moindre rocher

Mon âme cri au secours

J’y ai perdu l’amour

                                            

 

 

 

  Textes de David Thibault